Les Médisantes

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Par La Snob

Je profite de l’article de La Râleuse pour rebondir. Pas sur la grève, mais sur la crise et sur ce que nous a si bien dis notre ami Sarko : « Travailler plus pour gagner plus! ».

Alors OK, moi je suis une vraie capitaliste! Je le reconnais. J’aime l’argent, je veux en gagner un max pour pouvoir me faire plaisir, acheter ce que je veux, avoir un certain confort de vie. Et donc je veux bien « travailler plus pour gagner plus ». Mais là, problème. Actuellement je suis au 35h, car j’ai un chef intelligent qui ne met pas ses employés cadres s’ils n’ont pas un salaire de cadre. Eh oui! Parce qu’aujourd’hui il faut faire très attention à son statut. C’est très bien d’être cadre, ça flatte. Mais les charges sont plus élevées, donc le net est plus faible, et les impôts sont plus élevés et on fait plus d’heures (par contre il ne faut pas non plus que ça dure éternellement comme ça, sinon la retraite elle aussi reste faible si un jour on ne passe pas cadre).

Donc être cadre sans un salaire de cadre, c’est nul! Pour le moment j’ai la chance de faire du 10h – 18h, mais j’aimerais bien faire plus, pour avoir plus! Et là vous comprenez où je veux en venir! Mais mon problème, c’est soit que je bosse trop vite, soit que je n’ai pas assez de boulot, mais une chose est sure, c’est que j’aimerais bien faire des heures sup’, pour gagner plus! Mais là autre problème! Ma charmante boite ne paie pas les heures sup’. Et oui, car les entreprises ne sont pas obligées de vous payer plus quand vous travaillez plus! Elles peuvent aussi vous demander de rattraper ces heures en prenant des congés. Sauf que c’est bien joli d’avoir des congés supplémentaires, encore faudrait-il avoir de l’argent pour en profiter. Quand vous êtes en congés, vous faites quoi?! Vous partez en WE, en vacances, vous faites du shopping?! Sauf que vous avez donc travaillé plus, pour dépenser plus, mais sans avoir gagné plus!!! Et oui, je vous l’annonce, on s’est fait couillonner!!! Et en temps de crise comme en ce moment ça ne va pas s’arranger!

Donc pour résumer : je travaille plus, pour avoir plus de temps et dépenser plus sans gagner plus! Auquel on ajoute (bonne nouvelle de la fin janvier) le gel des augmentations (déjà que ma boite paye mal, je vous laisse imaginer le désastre)! Forcement en ce début d’année, ce n’est pas très motivant. Et là, je réfléchie à l’année qui va venir et je me dis : donc j’ai un salaire de merde, pas d’augmentation, mais mon loyer ne va pas baisser les mois prochains, il va falloir que je limite mes sorties, mes achats de fringues, que je fasse attention si je ne veux pas que mon banquier me rappel à l’ordre, surtout si je veux acheter un appart’ bientôt (oui seule, à Paris, c’est un pari osé!). Il ne me reste plus qu’à passer mon temps libre chez moi si je veux réussir à faire des économies. Et tout de suite c’est encore plus déprimant! Et surtout pas motivant d’entamer cette année 2009 avec cette pensée! Et là forcement, futile et faible comme je suis, je sens que j’ai besoin d’aller m’acheter une paire de chaussures pour me consoler!!!! Aaaaaaaaaaah Mon Dieu!!! C’est un cercle vicieux dont je ne me sortirai jamais!

La Snob en pleine crise pendant la crise!

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La grève vue par La Râleuse.

Hello Hello,

Ca fait rudement longtemps que je ne suis pas venue râler ici dis donc… Milles excuses j’étais sacrément over-bookée ces derniers temps (avec noël, un déménagement le 30 et le 31 décembre, dont une logistique récupération-de-mes-meubles-à-800-bornes-de-Paris… Vous voyez le truc ? C’était l’horreur !). Et je ne parle pas de la reprise du taf en janvier…

Bref tout d’abord, je vous souhaite une très bonne année 2009 (mieux vaut tard que jamais, on est presque en février), tout plein de bonnes choses et tout le toutim !

Si je prends quelques petits moments pour vous aujourd’hui (du travail, bouh comme c’est mâââl) c’est pour vous parler de la grève (suite au billet de Deedee et aux innombrables commentaires qui ont fusés !).

Et oui la France (and the World) est en crise. On nous bassine avec la baisse du pouvoir d’achat, les travailleurs de Renault qui n’ont plus de boulot ‘cause personne n’achète de bagnoles en ce moment, etc etc…

Moi je fais un constat simple : aujourd’hui c’est la grève des transports et ceux qui bossent à Paris la redoutent, car ça fout tout le monde dans le caca pour aller travailler. Perso, je vis dans le 15e et bosse dans le 2e, donc au pire des cas j’ai chaussé mes superbes baskets (grises et roses en tweed, une réédition Vintage des 70’s by Nike) pour affronter les 6 kms qui séparent mon chez-moi et de mon boulot (pas un drame, le trajet est quand même plutôt agréable quand on passe par St-Germain). Parce que poser une RTT c’est juste impossible car je suis « aux 39h » (= travailler plus pour gagner plus, merci Nico !), prendre un jour de congés ? Hors de question je prépare mes vacances à New-York et mes vacances au soleil de cet été, je ne vais pas en griller un à cause de la RATP ! Et arriver en retard ? Ca me semble compliqué, mon boss est un maniaque des horaires*. Donc voilà, j’étais prête à affronter tout ça. Au final, j’ai pris le métro, j’ai eu ma rame instantanément et il n’y avait pas un chat… Mais pourquoi ?? Parce que personne ne bosse aujourd’hui tiens ! D’ailleurs, j’ai pu le constater ce midi en allant déjeuner au restau : pas un chat ! Les patrons de l’établissement étaient blasés.

Résultat : pas un rat dans leur gourbi = C.A en baisse pour un jeudi midi… Tu m’étonnes qu’ils ont les boules les gens ! La faute à qui ? A la grève et au mauvais souvenir que les gens ont de celle de 2007.

Et après on vient nous parler de solidarité ? Ok, bon c’est cool ça alimente les conversations et les débats. Et ça permet aux bobos de gauche (qui ne sont pas touchés dans leur pouvoir d’achat, vivent dans le 5e et mettent leurs gosses dans des écoles privées « américaines ») de s’insurger contre le gouvernement tout en sirotant une bouteille de Don Pérignon…. Classe non ?

Perso, la crise ne me touche pas. La baisse du pouvoir d’achat non plus ! J’ai créé ma propre chance pour être là où je suis actuellement et je fais bien ce que je veux (avec mes cheveux et mon salaire). Certes, je ne suis pas non plus un monstre d’égoïsme, et c’est navrant de voir que de pauvres gens perdent leur boulot, se retrouvent dans la merde etc (et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais tous les reportages qu’on peut voir en ce moment à la télé, nous dressent des tableaux à faire pleurer dans les chaumières de « pauvres gens » bien triés sur le volet… Horrible certes, mais ça fait de l’audience !). Mais ce n’est pas nouveau !!! C’est cyclique, normal, inévitable et ce depuis la création du capitalisme (cf : vos vieux bouquins d’éco avec les courbes de la croissance éco et les cycles de Kondratieff&Co – ou alors Wikipedia ça marche aussi….). Il n’y a pas besoin de remonter bien loin dans l’histoire pour en trouver des exemples à la pelle ! Cependant, c’est comme ça, on ne peut pas sauver tout le monde. Nous sommes dans un système qui veut ça, à chacun de se débrouiller. C’est malheureux, oui, mais c’est la vie !

Après je ne pense pas que manifester en faisant une grève générale soit forcément la meilleure solution. Ca gonfle les usagers et il y a des débordements (c’est le bordel à St-Lazare depuis début décembre, résultat la gare a été fermée et l’accueil dévasté par des usagers au bord de la crise de nerfs)… Ce ne sont pas des comportements normaux !!!

Toujours est-il qu’aujourd’hui je suis au boulot, qu’il manque pas mal de personnes bloquées en banlieue car elles sont tributaires du RER A ou des Transiliens, et que du coup je suis bloquée sur certains de mes projets en cours ! Merci la grève de nous mettre en danger alors que nous ne nous sentons pas, habituellement, menacés dans notre travail ! Parce que qui c’est qui va devoir rendre des comptes à son boss (et aux clients) lundi matin sur les retards pris, bah c’est bibi tiens ! Parce que eux, la grève, ils s’en foutent comme de l’an 40 !

Ps : (A mon humble avis) Petit fonctionnaire, tu n’es pas le plus à plaindre mais celui qui gueule le plus. Retourne au travail et arrête de nous faire subir ton idéologie de syndicaliste ! Méfie-toi parce que tout ça va se finir en privatisation, et là tu pourras ne t’en prendre qu’à toi. Ouhhh oui je suis méchante, une sale connasse de capitaliste qui consomme (mais moi je pense à la croissance quand je vais m’acheter des robes et des bottes). Cependant, je te mets en garde ! Regarde autour de toi. Regarde chez nos amis européens comment ça se passe, ou pire chez nos lointains amis les ricains : tu as de la chance de vivre en France, mais tout finira un jour par péter pour de bon, et certainement pas dans le sens que tu voudrais. Moi je dis ça, je dis rien, je bosse dans le privé et ma boite n’est absolument pas touchée par le contexte économique actuel (et on fait même un gros chiffre d’affaire si tu veux tout savoir ! Bouh oui je suis vraiment une connasse…)

Sur ces belles paroles, j’ai bien râlé (et digéré mes crêpes de ce midi – autre sujet beaucoup plus futile, lundi c’est la chandeleur !) mais ce n’est pas le tout, il faut que je me remette à la tâche* !

La Râleuse, anti-fonctionnaire (et pourtant j’en ai un dans la famille… irrécupérable, on l’a perdu…C’est dur la vie !)

(*travailler plus pour gagner plus, vous me suivez ? Pas question de gruger !)

La vie est dure parfois, petit rappel des faits par la Râleuse.

Aujourd’hui je suis fort énervée ! Voilà quelques jours que je guette l’arrivée d’un colis, une jolie petite chemise (pile de saison) commandée sur un site de vente private on the net. J’ai eu la grande idée de me le faire livrer au travail (un peu comme un cadeau qui m’attendrait sur mon bureau de bon matin, me suis-je dit) car tout le bureau le fait, et puis ça évite d’aller poireauter le samedi matin au guichet de sa poste de quartier (avec tous les vieux qui n’ont pas trouvé d’autres moments dans leur vie de retraités pour envoyer des colis à leurs petits enfants ou déposer 10€ sur leur compte épargne…).

Sauf que ce matin, que dalle sur mon bureau… Je décide de consulter le siouper site de Coliposte pour voir où en est ma nouvelle trouvaille modesque : 10.25 a.m « Colis en cours de traitement ». Je râle un petit peu puis je vaque à mes occupations de bureau (à savoir : café, clope, mails, Facebook et actualisation de mes petits sites – faut bien travailler à un moment donné tout de même).

4.44 p.m. Ma journée de dure labeur étant officieusement terminée, je zieute le site une nouvelle fois, et là, horreur : « Destinataire absent ». Non mais ça va pas !!!!! Il y a plus de 40 personnes qui bossent ici, mon bureau est à côté de l’entrée et je suis partie déjeuner à 2.30 p.m, je le saurais si quelqu’un était vraiment passé livrer mon colis !!!!

Les postiers sont vraiment des fumistes !!! En plus avec la chance que j’ai, vous allez voir qu’ils vont passer samedi matin le livrer le colis, quand il y a personne bien évidemment… Et que je vais devoir aller lundi à la grande poste à côté du bureau batailler pour le récupérer. Les postiers n’ont vraiment pas de cœur, c’est moi qui vous le dis. C’est pareil pour les recommandés, ils ne sont jamais foutus de vous les délivrer, il faut toujours aller les chercher. Par contre pour venir vous vendre leurs calendriers (avec les petits chatons kitchs au possible), ils sont toujours là !

La vie est une jungle, on ne peut plus compter sur personne !

La Râleuse, pour la privatisation de La Poste.

Aujourd’hui la Râleuse aborde un sujet de fond, contemporain, omniprésent… Le travail. Par La Râleuse.

Travailler. N’est-ce pas l’invention du 21e siècle la plus dénuée de bon sens ? Si on y réfléchie correctement et profondément – et Dieu sait que j’ai le temps ! Car au travail, je m’ennuie sévère, et ce tous les jours que ce vieux bonhomme fait… : A quoi bon travailler ?

En théorie, nous nous devons de nous lever tous les matins – jours ouvrés uniquement, quoi que…j’ai des copines architectes qui sont obligées de bosser le dimanche ! – car nous vivons dans un système capitaliste qui nous impose de travailler pendant plus de 50 ans pour nous garantir – éventuellement – une retraite convenable. Ajoutons aussi le fait que nous devons travailler pour gagner notre vie, vivre, « profiter » de nos moments de libres – les week-ends et les quelques semaines de congés payés qu’il nous reste, une fois qu’on y a soustrait nos jours de maladie, la rentrée des classes des gosses (je dis ça mais je ne me sens pas encore concernée mais ça viendra), les week-ends prolongés et les jours de grève de la RATP…

Hormis ces quelques mécanismes socio-économiques ci-dessus, travailler est finalement une vaste mascarade. Nous sommes complètement formatés par la société. C’est vrai quand j’y pense, lorsque j’étais étudiante, je m’imaginais quitter ma province pour venir à la CAPITALE, travailler dans le WEB – car le web, ça me paraissait cool, créatif, tendance… -, prendre le METRO, profiter de tous les lieux « hype » de PARIS, avoir mon propre bureau dans une TOUR à la DEFENSE, et avoir des RESPONSABILITES parce que mes cinq années d’études m’auraient permis de devenir MANAGER… Le rêve, l’avenir, une vie professionnelle toute tracée et pleine d’espoirs, de perspectives, d’émulation intellectuelle et créative.

Six ans plus tard, me voilà MANAGER dans une START UP du WEB à PARIS, à bosser en OPEN-SPACE (avec pas mal de cons). A créer des messages, des accroches et des contenus aussi chiatiques les uns que les autres. Certes, j’ai un « titre » qui peut faire rêver « Content Manager » comme dirait mon boss mi-french, mi-american. Je suis en CDI – et avec la crise financière que nous traversons actuellement je suis plutôt bien lotie et pas trop mal payée non plus -, mais je m’emmerde toute la sainte journée… Mon travail n’est pas intéressant, mon équipe de pigistes me courent sur le haricot, mes collaborateurs sont de gros porcs, la vie en open-space – avec nos casques vissés sur les oreilles, et avec messenger comme unique outil de communication avec son voisin de bureau – m’exaspère. Je suis rentrée dans le monde du travail pleine de belles intentions, d’idées, de projets, d’audace… Et me voilà un an et demi plus tard complètement démotivée, à compter les jours pour arriver au week-end, à ne plus avoir envie de me lever le matin et donc à arriver en retard, à penser sérieusement à me mettre en arrêt maladie, à passer ma journée à discuter sur Facebook car à partir de midi, j’ai terminé tout ce que j’avais à faire… Le travail, une vaste blague je vous dis ! Ca me ramollit le cerveau plus qu’autre chose, je suis fatiguée de ne rien faire, malade chronique – je commence à sérieusement me dire que c’est un effet psychosomatique que le travail engendre, ou alors c’est à cause du métro. Et pourtant, je ne suis pas rendue comme on dit. Il me reste encore des décennies de labeur à accomplir pour être enfin à la retraite…

La retraite, ça aussi c’est déprimant ! Ce n’est pas quand on sera vieux qu’on profitera d’aller faire la fête sur des plages paradisiaques ou faire le tour du monde. C’est maintenant qu’il faudrait qu’on fasse tout cela, sauf qu’on ne peut pas car il y a les impôts, le loyer exorbitant de notre petit studio parisien, le manque de jours de vacances car on est aux 39h pour « gagner plus » comme dirait l’autre, sauf qu’on utilise ses jours de congés pour combler les jours où on est malade – car sinon on n’est pas payé, donc on gagne moins et on ne peut pas payer son loyer…

J’ai bien réfléchi à quelques solutions pour érayer le problème : femme de riche ou gagner à euromillions. Comme ça, je n’aurais plus à me soucier de l’argent – car finalement c’est ça LE problème. Changer de travail ? Non car je ne serais pas aussi bien payée ailleurs. L’argent, toujours l’argent… Je rêve d’une vie sans soucis financier, où je pourrais revenir à mon premier amour – top secret, je vous vois venir – sans me préoccuper du lendemain car ma Gold marcherait… C’est dur ! Oui… Je sais… Je suis une vraie connasse, car il y a des gens qui n’ont rien, alors que j’ai eu la chance de pouvoir faire des études, d’avoir une vie pas trop dégueulasse à Paris, d’avoir des amis, de sortir, d’aller au restau tous les jours… Mais à quoi bon si c’est pour s’emmerder ferme toute la journée ? Je déteste l’ennui. J’ai l’impression de devenir folle, et accessoirement de plus en plus bête car mon cerveau n’est plus stimulé… C’est grave docteur ?

Et vous, vous pensez quoi de votre travail ? De la vie en général, du système capitaliste, de la crise financière actuelle ? Est-ce que vous aussi, vous avez parfois envie de tout plaquer pour devenir barmaid sur une plage de sable fin, où le soleil et la fête ne s’arrêtent jamais ? Ou c’est moi qui déraille complètement à seulement 24 ans ?

La Râleuse, en pleine reconversion professionnelle.

PS : Accessoirement, j’ai écrit ce post au bureau…